Mazal tov : ce que le mot veut vraiment dire
On le lance à un mariage, à une naissance, à une bar-mitsva. On le traduit par « félicitations ». Mais mazal tov ne félicite pas : il souhaite. Et le mot mazal a une histoire bien plus précise qu'on ne croit.
Le mot
Mazal, מזל : ce qui coule d'en haut
Mazal (מזל) vient de la racine hébraïque נ-ז-ל, « couler, s'écouler » — la même que nozel, le liquide qui s'écoule. Le mazal, c'est ce qui descend du ciel vers la terre : un flux, une influence, jamais un objet.
Dans la Bible, le mot apparaît au pluriel : les mazalot sont les constellations du ciel (II Rois 23:5), et Job entend Dieu lui demander : « Fais-tu sortir les Mazzarot en leur temps ? » (Job 38:32). Au Moyen Âge, mazal désigne aussi bien une constellation qu'une planète : les douze mazalot sont les douze signes du ciel.
Le vœu
Pourquoi on le souhaite au lieu de le prédire
Mazal tov, mot à mot, c'est « bonne constellation », « bon flux ». On ne dit pas « tu as de la chance » : on dit « que le ciel te soit favorable ». C'est un souhait, tourné vers ce qui vient, pas un constat sur ce qui est.
La formule complète est celle de la bénédiction de la nouvelle lune et des mariages : « Siman tov ou-mazal tov yehé lanou oul-khol Israël » — « bon signe et bonne constellation pour nous et pour tout Israël ». Le siman, c'est le signe qu'on lit ; le mazal, c'est le flux qu'on demande.
La nuance compte, parce qu'elle vient tout droit du Talmud : « Ein mazal le-Israël » — Israël n'est pas soumis au mazal (Chabbat 156a). On peut souhaiter au ciel d'être favorable, précisément parce qu'on ne croit pas qu'il décide.
Les cousins
Mazel, shlimazel, et le mazal du mois
En yiddish, mazal devient mazel, et « mazel tov » fait le tour du monde. Le shlimazel, c'est celui dont le mazal est « mauvais » (shlim, de l'allemand schlimm) : pas un maudit, un malchanceux.
Et il y a le mazal du mois de naissance : la constellation que la tradition, depuis le Séfer Yetsirah (chapitre 5), associe à chacun des douze mois hébraïques. C'est le sens dans lequel on dit « quel est ton mazal ? » — et la réponse dépend du mois hébraïque, calculé au coucher du soleil, pas du mois civil.
Le Zohar résume la place que la tradition lui donne, avec ironie : « Tout dépend du mazal, même le rouleau de la Torah dans l'arche » (Zohar III, 134a) — le rouleau le plus saint peut rester fermé des années, et un autre être lu chaque semaine. Le mazal, c'est la part des choses qu'on ne commande pas. Le reste, on le fait.
Et vous
Le mazal de votre mois hébraïque de naissance, calculé au coucher du soleil.
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Questions fréquentes
En quatre réponses
Que veut dire mazal tov ?
Littéralement « bonne constellation », « bon flux » : un souhait que le ciel soit favorable, pas une félicitation ni un constat. Mazal vient de la racine נ-ז-ל, « couler ».
Mazal tov ou mazel tov ?
Les deux : mazal en hébreu, mazel en yiddish. Même mot, même sens.
Quand dit-on mazal tov ?
À une naissance, un mariage, une bar-mitsva, une réussite : chaque fois qu'on souhaite que la suite soit favorable. La formule longue, « siman tov ou-mazal tov », se chante à la bénédiction de la lune et aux mariages.
Le mazal est-il la chance ?
Pas exactement : c'est l'influence qui descend du ciel, que la tradition décrit sans lui laisser le dernier mot (« Israël est au-dessus du mazal », Chabbat 156a).